J'aime les contrastes. Je suis timbrée et j'aime poster des lettres. J'aime écrire et je hai les maths, bien que je sache que ça vient de moi. Rien n'est hasard, et j'aime le hasard. J'ai jeté les dés, ma partie n'est pas encore jouée, mais j'ai pas regardé le résultat. Au fond, j'aime bien les surprises aussi. En fait je suis une chieuse, un iceberg jusqu'au bout des ongles, je pense que je suis mieux seule, que j'ai besoin de rien, que le ciel suffit. Mais le ciel est pas assez grand, et aujourd'hui, je me suis demandée. Je me suis demandée pourquoi je ne posais plus les bonnes questions, je me suis demandée pourquoi je ne voulais plus poser ces questions, je me suis demandée si j'avais raison et si mes réponses étaient justes. Mais c'est comme les suppléments des mots croisés du dimanche, c'est complexe, insoluble et on est jamais sur d'avoir trouvé la bonne réponse. Puis je me suis dis que j'avais besoin de toutes ces choses finalement, je me suis dis que j'avais besoin de poser des questions, de chercher des réponses, de me remettre en question, de trouver le bon chemin par moi-même, mais avec vous. Oui, je me suis demandée ce que je serai sans vous, et je serai pas grand chose de plus qu'une ombre silencieuse et haineuse. Mais je vais bien ne t'en fais pas, je vais toujours bien. Mais j'ai peur de dormir tu sais, parce que les cris reviennent et mes yeux ne se ferment pas, et parce que dormir c'est perdre conscience, et ça je ne le peux pas. J'ai couru et je sais pas où je vais. J'ai navigué au fond de l'eau, j'ai perdu les voiles. Non, je sais pas où je vais, je suis pas sure de l'avoir jamais su. j'ai ouvert mes tripes pour sortir tout ce que j'avais à dire, et des mots sont sortis. Seulement je sais pas d'où ils viennent, ni pourquoi, je sais pas ce qu'ils veulent dire. Mais dans notre monde, les ados sont censés ne rien savoir, ne rien penser et ne rien avoir à dire. J'ai du faire des conneries. Et j'ai des choses à dire. Enfin c'est ce que je croyais. Et je pense, Bon Dieu, je pense. Et je suis trop une chieuse pour m'avouer que finalement je ne sais rien. Mais il est temps. J'ai peur du temps tu sais...